 Les banques vietnamiennes se préparent à affronter une nouvelle concurrence à la veille du premier avril prochain où les banques étrangères seront autorisées à créer des succursales à 100% de capitaux étrangers au Vietnam. Fortes de leur atout de jouer dans leur propre cour, les banques domestiques s'efforcent d'élargir leurs réseaux dans l'ensemble du pays pour diversifier leurs niches au lieu d'exploiter les parts de marché décroissantes dans les grandes villes. Une concurrence plus acharnée dans ce secteur a été prédite par les experts dans un contexte où près de la moitié du chiffre d'affaires de la plupart des acteurs provient des métropoles où font souvent escale les nouveaux venus avant leur conquête du marché. Trop de concentration sur un tel créneau augmente la pression en terme de segments de marché et de main-d'oeuvre, au détriment de la qualité et de la croissance créditaire, estime Nguyên Quang Trung, sous-directeur général de la banque commerciale par actions Sai Gon Thuong Tin (Sacombank). Ainsi, Sacombank attache de l'importance à l'expansion de son réseau qui comprend désormais 159 succursales et points de transactions, un des records du secteur, a-t-il fait savoir, affirmant que ses succursales dans les provinces et villes rapportent des profits six mois après leur création. Sacombank prévoit d'élargir son réseau et ses services en 2007 pour devenir une banque de vente au détail moderne et polyvalente au premier rang national et d'ouvrir des bureaux de représentation au Cambodge et en Chine dans le courant de l'année prochaine, a révélé son responsable. La Banque commerciale internationale par actions (VIB Bank) n'est pas en reste. Dans son effort pour affirmer sa position sur le marché local, elle poursuit sans relâche son objectif de presque doubler le nombre de ses points de transactions qui s'est élevé à 60 l'an dernier. De son côté, la banque de développement locatif de Ho Chi Minh-Ville (HDBank) a décidé de porter à 1.000 - 2.000 milliards de dôngs son fonds statutaire et de tripler le nombre de ses succursales sur l'ensemble du pays. Dans cette ère d'intégration, la coopération avec des partenaires stratégiques s'avère nécessaire pour plusieurs banques vietnamiennes, y compris les plus prestigieuses, pour renforcer davantage leur compétitivité. La banque d'agriculture et de développement rural (Agribank) vient de signer ainsi un accord avec la banque commerciale par actions An Binh (ABBank) et la banque commerciale par actions Sai Gon (SCB), scellant leur coopération dans les relations de règlement, de capital, de financement, de transactions de devises et de valeurs. Agribank renforce sa coopération avec les banques et compagnies générales pour se développer et rayonner, une condition sine qua non pour demeurer en un grand groupe financier en 2007, a plaidé le président de son conseil d'administration Dô Tât Ngoc. Autant de stratégies que de banques. La banque Phuong Dông a cédé ses actions à certaines entreprises dont le réseau de clientèle contribuera à promouvoir ses produits. HDBank s'est associée à des partenaires vietnamiens et étrangers pour en profiter de leurs technologies et de leur mode de management. La quasi-totalité des banques ont également relevé leurs fonds dès 2006, opération permise par la croissance spectaculaire de la bourse vietnamienne ainsi que leur bilan annuel très positif. Tout ceci participe au renforcement du secteur bancaire avant le débarquement imminent des banques étrangères. Le gouverneur de la Banque d'Etat du Vietnam, Lê Duc Thuy, a cependant recommandé la prudence. A maintes reprises, il a averti les banques locales de la monotonie de leurs produits, surtout des crédits, et de la négligeance des autres services qui constituent le point fort de leurs concurrents étrangers. La Banque centrale entend donc enjoindre certaines banques commerciales d'Etat à se transformer selon un modèle de groupe polyvalent, englobant services bancaires, assurances, investissement, courtage et gestion des biens. |