 Après un an d'essai de succès, le projet d'élevage de truites de l'Institut de recherche en aquaculture No1 ouvre une nouvelle voie dans la culture de poissons d'eau froide au Vietnam. "Après la Chine, la Thaïlande, l'Inde et le Pakistan, le Vietnam a réussi à élever des poissons d'eau froide",a annoncé Lê Thanh Luu, directeur de l'Institut de recherche sur l'aquaculture No 1 (IRA 1). Ce dernier organise, jusqu'au 10 juin et avec l'hôtel Melia de Hanoi, une Semaine de la truite saumonée de Sa Pa pour présenter ses succès. Parler du saumon, on pensera immédiatement à un met qui n'est pas facile à trouver au Vietnam. Importé au prix fort, ce produit de luxe ne figure que dans les menus des restaurants de luxe ou dans les repas des familles riches. Cependant, le besoin en poisson d'eau froide au Vietnam a constamment augmenté depuis quelques années. En 2005, le pays a importé 1.500 tonnes de ce genre, contre 500 tonnes en 2004. "Désormais, nous pouvons convertir les inconvénients du froid au Nord en conditions favorables à la culture des espèces saumonées", a confié Lê Thanh Luu, quand il évoque la mise en œuvre du projet d'élevage à titre expérimental des truites. Celui-ci ambitionne développer la culture des poissons d'eau froide au Vietnam pour la consommation dans le pays et l'exportation. Avec l'aide de l'ambassade de Finlande, du ministère des Produits aquatiques et de la province de Lào Cai (Nord), l'IRA 1 a démarré ce projet en janvier 2005, en créant le premier centre d'élevage au pied de la chute d'Argent à Sa Pa, où les conditions climatiques sont favorables. En 2005, l'IRA 1 a récolté 14 tonnes de truites. Cette année, il prévoit d'en produire 120 tonnes. Il s'agit d'une espèce à haut rendement. "Si nous leur donnons 1 kg de nourriture, elles nous donneront le lendemain 1kg de chair", a expliqué Lê Thanh Luu. Concernant la rentabilité économique, il fait une comparaison : 1.000 m3 d'élevage de truites peut rapporter un bénéfice net de 40 millions de dôngs, contre 4 millions pour l'élevage de tilapies (une sorte de dorade africaine). Un autre avantage de la truite vietnamienne, selon le chef de cuisine du Melia de Hanoi, Jurgen Kauz, c'est que leur qualité égale celles importées des pays européens, mais en outre s'avère plus fraîche et moins chère. Cependant, il est difficile de généraliser la culture de ce poisson parce qu'elle exige un grand investissement financier et de strictes conditions d'eau, de température et d'hygiène. À part l'établissement de Sa Pa (Lào Cai), cet élevage est réalisée par quelques entreprises dans les provinces de Lai Châu (Nord) et Lâm Dông (hauts plateaux du Centre), avec l'aide de l'IRA 1. |