Le ministre vietnamien du Plan et de l'Investissement, Vo Hong Phuc, en visite de travail au Japon pour la 12e conférence internationale sur "l'Avenir de l'Asie", a donné une interview à l'Agence vietnamienne d'Information (AVI) à Tokyo, à propos de l'octroi par le Japon de l'aide publique au développement (APD) au Vietnam ainsi que les perspectives sur les investissements entre les deux pays dans l'avenir.
Voici le contenu de l'interview :
Question: Pourriez-vous faire savoir les estimations de la part des responsables japonais que vous avez rencontrés sur la gestion et l'utilisation de l'APD au Vietnam ?
Réponse: Lors de ma visite, j'ai rencontré les ministres des Finances, Sadakazu Janigaki, des Affaires intérieures et des Télécommunisations, Heizo Takenak, de la Science et de la Technique, Iwao Matsuda, le Secrétaire général du Parti libéral démocrate, le président de la Ligue des députés d'amitié Japon-Vietnam, Tsutomu Takebe, le gouverneur de la Banque japonaise de coopération internationale (JBIC), Kyosuke Shinozawa.
Lors des rencontres, les hauts officiels japonais ont hautement apprécié l'ulitisation vietnamienne de l'aide publique au développement (APD) octroyée par le Japon, et l'ont jugée assez bonne et conforme aux objectifs et politiques prioritaires des deux pays. Citons par exemple, concernant la source de l'APD, le Vietnam a réservé une grande partie de l'aide non-remboursable à la construction infrastructurale, au développement de la santé publique et de l'éducation, et à la mise en oeuvre des stratégies de croissance, de refus de la pauvreté.
Entre-temps, les prêts accordés par la JBIC ont été raisonnablement utilisés pour le développement des infrastructures dont le transport, l'énergie, l'alimentation et l'évacuation des eaux, l'hydraulique.
A propos de la gestion de l'APD, les responsables japonais ont estimé que les deux pays ont bien coordonné leurs actions pour réaliser les engagements communs ainsi que les procédures communes relatives à la gestion des programmes et projets, à l'expertise des projets ou à l'adjudication. A propos de la récente affaire négative découverte au sein du Comité de gestion des projets de la route nationale No 18 (PMU 18), les officiels japonais ont exprimé leur regret. Selon eux, l'affaire a influé dans une certaine mesure l'opinion publique au Japon, notamment une partie des redevables. Les mass médias au Japon ont couvert cette affaire, faisant naître chez certains le doute sur l'octroi de l'APD au Vietnam.
Question: Avec de telles estimations, est-ce que les politiques du Japon relatives à l'octroi de l'APD au Vietnam changeront ?
Réponse: Lors de ces rencontres, nous avons affirmé la détermination du gouvernement vietnamien de lutter contre la corruption et d'assurer l'utilisation efficace de l'APD. Les responsables japonais ont alors déclaré que, si le gouvernement vietnamien affirmait leur détermination de lutter contre la corruption et de punir sévèrement les corrompus ayant causé la fuite des aides et leur utilisation incorrecte, ils continueraient leurs programmes d'octroi des aides publiques au Vietnam et que les politiques du Japon de privilégier le Vietnam pour son aide ne changeront pas.
Les officiels japonais se sont montrés rassurés de savoir que le Vietnam élabore la Loi sur la lutte contre la corruption, que le pays a avancé, dans la Résolution du Xe Congrès du PCV ainsi que dans les programmes d'action du gouvernement, des mesures, des objectifs et le processus concret pour lutter contre ce fléau.
Question: Monsieur le ministre, le gouvernement vietnamien et japonais ont récemment convenu de la mise en oeuvre de la deuxième phase de l'Initiative commune Vietnam-Japon sur l'amélioration de l'environnement d'investissement au Vietnam, pourriez-vous citer des avantages et inconvénients pour sa réalisation.
Réponse: Je trouve que la réalisation de la deuxième phase de l'Initiative commune Vietnam-Japon est tout à fait avantageuse pour le moment. Dans la première phase, les deux parties ont réglé dont 85% des 125 questions posées en commun. Pour la deuxième phase, elles donneront de nouvelles conventions et régleront des problèmes en suspens. D'après moi, la mise en oeuvre de la deuxième phase profitera aux deux pays. Pour le Japon, elle créera un environnement juridique ouvert et transparent pour ses entrepreneurs venus au Vietnam. Pour le Vietnam, elle entrer dans notre politique générale d'améliorer sans cesse l'environnement d'investissement, notamment la réforme dans les domaines administratif, fiscal, douanier,...
Lors de deux séminaires organisés par l'ambassade du Vietnam au Japon et l'organisation japonaise du patronat KEIDANREN ainsi qu'à la conférence internationale sur "l'Avenir de l'Asie", les partenaires japonais ont exprimé leur préoccupation sur les domaines auxquels ils souhaitaient investir. Les investisseurs japonais disposent des atouts dans les hautes technologies, les sources de capitaux et la compétence gestionnaire. Le gouvernement vietnamien appelle les investisseurs étrangers dont les Japonais à investir aux domaines qu'il souhaite développer tels les industries, y compris l'énergie, la transformation de matériaux, de production de carburants, les hautes technologies, la production des matériaux, la fabrication et la transformation agroalimentaire, et aussi les services dont le développement des infrastructures du tourisme, puisque les touristes, notamment les Japonais sont de plus en plus nombreux à découvrir au Vietnam. |