Des experts de l'Onu et d'organisations non-gouvernementales sont réunis à partir de mercredi au Vietnam pour attirer l'attention sur le milliard d'enfants et de jeunes d'Asie, dont l'exposition au sida reste encore largement ignorée, selon eux.
"La plupart du temps, les enfants restent ignorés quand on évalue le risque et l'impact du sida/VIH" en Asie, continent où le virus se propage le plus rapidement dans le monde, souligne le directeur régional du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), Anupama Rao Singh.
"Ce n'est plus acceptable. Nous avons l'occasion de changer le statu quo pour les enfants en accélérant de manière importante notre réponse", ajoute le responsable.
La conférence de trois jours doit se pencher sur les mesures à prendre pour juguler la propagation du sida chez les enfants et aider ceux qui ont été contaminés tout comme ceux qui en sont les victimes, comme les orphelins.
Le colloque est le premier de ce genre dans la région. Il réunit plus de deux cents délégués de vingt pays, dont 14 enfants de Mongolie, d'Indonésie et de Papouasie-Nouvelle Guinée qui ont été affectés directement ou indirectement par la maladie.
Plus de 30.000 enfants en Asie étaient l'an dernier séropositifs et un tiers d'entre eux ont été contaminés dans la seule année de 2005, selon les Nations unies qui soulignent la limite de ces données, étant donné l'absence de chiffres en provenance de nombreux pays.
A la fin de l'an dernier, 450.000 enfants en Extrême Orient et dans le Pacifique avaient de plus perdu un ou leurs deux parents en raison du sida, et des centaines de milliers d'autres vivent avec des père et mère malades voire mourants.
L'Asie comptait 8,3 millions de séropositifs ou de malades du sida en 2005. Cette année-là, le sida y a provoqué plus d'un demi-million de décès (environ 520.000) et 1,1 million d'habitants y ont contracté le virus du sida (VIH), selon un rapport de l'Onusida cosigné par l'Organisation mondiale de la santé et publié en novembre.
Les enfants sont particulièrement vulnérables à la maladie, en raison de la pauvreté, de la violence, du trafic humain et de la dispersion des familles dans une région en rapide industrialisation et urbanisation, explique l'Unicef.
Pour autant, "les enfants sont notoirement absents" des programmes de lutte de la plupart des pays, souligne un document préparatoire à la conférence remis lors de son ouverture.
D'ici mai, des pays membres des Nations unies doivent soumettre un plan de lutte destiné à être présenté lors d'une séance spéciale de l'Onu sur le sida/VIH. La conférence de Hanoï est là pour faire en sorte que les enfants n'en soient pas les oubliés.
"Nous souhaitons la mise en place d'actions plus collectives et efficaces afin que nos enfants puissent mener une vie meilleure", explique le vice-Premier ministre du Vietnam, Pham Gia Khiem. "Les enfants sont l'avenir du monde".
Source: AFP -22 Mars 2005- |