 Plus de 30 ans après la guerre, les séquelles de l'agent orange/dioxine hantent encore la population et touchent non seulement les personnes directement exposées au produit chimique largué par l'armée américaine au Sud Vietnam, mais aussi les mères et les femmes des victimes. C'est ce qu'a indiqué le docteur Diane Niblack Fox du Département d'études asiatiques de l'Université de Hamilton (États-Unis), en marge d'une conférence internationale intitulée "Victimes de l'agent organe/dioxine et leurs souhaits", tenue récemment à Hanoi. Elle a révélé qu'elle avait interviewé, en 2000 et en 2001, plusieurs femmes victimes domiciliées dans 12 villages et 3 chefs-lieux, dans le Nord, le Centre et le Sud du Vietnam, dont elle avait extrait 38 histoires sur leurs efforts et souhaits à raconter à ses compatriotes. "L'important est de comprendre ce qui s'est passé au Vietnam, la population a été durement frappée par la guerre américaine et ses séquelles continuent de sévir encore ", a-t-elle insisté, souhaitant que ses étudiants et ses compatriotes montrent leur intérêt aux victimes vietnamiennes. Debra Kraus, une peintre américaine dont l'époux est décédé des suites de l'agent orange et qui a organisé deux expositions dans son pays sur ce thème, a partagé ses expériences personnelles sur la nocivité de ce produit dans une intervention titrée "Dialogue artistique sur l'agent orange". Cette rencontre lui a permis de s'associer avec les gens connaissant une situation similaire et d'aider les enfants victimes au Vietnam, Cambodge, Laos et Thaïlande, mais aussi aux Etats-Unis, en Australie, Nouvelle-Zélande, Canada, Grande-Bretagne, et France.
Projection d'un film sur l'agent orange dans de grandes universités de Londres À la veille d'une conférence internationale sur l'agent orange/dioxine, prévue les 28 et 29 mars à Hanoi, le secrétaire de l'Association d'amitié Grande-Bretagne-Vietnam, Len Aldis, a organisé des projections du film Path to Justice (Le chemin de la Justice) dans de grandes universités de Londres pour attirer l'attention des étudiants sur ce problème. Doublé en anglais, ce film, du réalisateur vietnamien Lai Van Sinh, relate les vies détruites et les douleurs des victimes de l'agent orange, ainsi que les difficultés de leurs familles. Il a suscité de fortes émotions chez les étudiants du Queen Mary & Westfield College et de l'Université College of London (UCL). Prenant la parole, Len Aldis a expliqué aux spectateurs les séquelles laissés par les épandages d'agent orange sur plusieurs générations vietnamiennes. Selon lui, de 1961 à 1971, l'armée américaine a largué sur le territoire vietnamien 80 millions de litres de défoliants dont l'agent orange contenant de la dioxine extrêmement toxique, affectant des millions d'habitants. Trois décennies après la guerre, ce produit toxique nuit à la 3e génération de Vietnamiens et, selon les scientifiques, pourraient encore en toucher la 4e.
Ly Anh/CVN ( 27/03/06 ) |