 L'apparition des plongeurs a bouleversé la quiétude de l'île Hon Goi, dans le district de Kiên Giang (Sud). Ils y viennent chercher des perles. L'île Hon Goi jouit d'une petite réputation pour ses récifs, ses écueils et ses fameux coquillages. Et aussi, pour être un repère de scaphandriers, véritables chasseurs de trésors, en l'occurrence ici les perles. Si dans le passé la petite île était bien paisible, vivant de la vente de coquillages destinés à être incrustés dans des peintures, l'apparition des plongeurs a bouleversé la quiétude des lieux. "Dès 1990, la fièvre des perles a commencé à envahir le quartier", raconte Tuân, un des chefs d'équipe de collecte des coquillages. Il s'explique: "Un jour, dans le quartier An Thoi, un certain Thân est tombé par hasard sur une coquille. À l'intérieur se trouvait une perle grande comme un pouce. Un riche commerçant de Hô Chi Minh-Ville s'est déplacé exprès pour l'acheter et a payé rubis sur ongles la bagatelle de 100 millions de dôngs". À partir de là, la fièvre des perles s'est emparée du quartier avec son cortège de scaphandriers et leurs rêves de richesses. Malheureusement, beaucoup d'entre eux ont payé de leur vie ou ont contracté des séquelles irrémédiables. Le mois dernier, tout le quartier s'est retrouvé à l'enterrement de Binh, un scaphandrier qui a trouvé la mort lors d'une plongée. La liste de personnes qui, prises de chimères perlières, ont laissé leurs vies ici s'allonge un peu plus chaque année. D'autres, plus chanceuses, ont réussi à survivre aux accidents de la plongée, parfois ils doivent quand même en payer le prix. Comme l'incident qui est arrivé à Ta Quôc Sinh. "Ce jour là, 4 personnes décidèrent de plonger à 20 mètres, dans un lieu peu connu mais où la présence de perles était possible. Mais dès la première plongée, Sinh a réclamé des aides urgentes. Immédiatement remorqué sur le bateau, il ne respirait plus. L'expérience des scaphandriers et les premiers secours à l'hôpital lui ont sauvé la vie". Car si les perles sont un passeport pour la richesse, leur acquisition n'est qu'un péril permanent dans les profondeurs de la mer.
Un avenir obscur "Avant d'y découvrir ces petites gouttes nacrées, les habitants du quartier se consacraient à la récolte de coquillages, ce qui suffisait amplement à leur assurer pitance", confie Ngô Minh Son, chef de sécurité de Hon Goi. Mais depuis que quelques personnes ont par hasard trouvé des perles, tous les villageois se sont perdus dans des rêves de richesses alors que les coquillages ne rapportent que 170.000 dôngs par kilogramme. Mais au moins les coquillages n'entraînent pas la mort! Selon M. Quan, les accidents sont causés par l'ignorance des techniques de plongée et la vétusté du matériel utilisé. Combien de personnes voit-on plonger avec seulement une bouteille d'oxygène et un tube en plastique. Aucune expérience, aucune technique, les pièges de la pression referment leurs appâts mortels. Pour les scaphandriers, l'avenir ne fut pas aussi rose que les perles l'avaient laissé espérer. Selon Trân Quôc Khanh, directeur du Centre de promotion commerciale et touristique, "ce changement d'activité est très difficile puis qu'il faut emprunter de l'argent aux banques tout en leur fournissant des garanties. Mais les gens ici sont pauvres, ils n'ont rien comme assurance". Alors ils espèrent trouver cette perle qui changera leur destin, en ignorant le danger. Doanh Khoa/CVN
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