 Bien que le métier de mannequin continue à bien se développer dans le pays, les belles Vietnamiennes ont encore du mal à se faire une place sur les podiums internationaux. On leur reproche notamment leur faible connaissance de la langue anglaise et leur manque de professionnalisme. Ces dernières années, un certain nombre de mannequins vietnamiens ont eu l'opportunité de participer à des défilés de mode à l'étranger. Par exemple, en avril dernier, Bao Hoà a signé un contrat avec la compagnie New York Model. Autre privilégiée : Vu Thu Phuong, qui devrait partir bientôt à Los Angeles pour devenir le mannequin vedette de la compagnie LA Model. "J'ai été choisie parce que je suis jeune et mon visage, ma méthode de travail correspondent aux critères de LA Model", explique Vu Thu Phuong. En plus d'une formation professionnelle, Vu Thu Phuong recevra un cachet assez conséquent : 20.000 dollars pour une saison de mode qui dure de 2 à 3 mois. Pham Minh Thuy, quant à elle, a été invitée aux Philippines par la chaîne télévisée hong- kongaise Fashion TV afin d'y faire des photos pour le calendrier 2007 baptisé "Underwater Calendar". Une des raisons expliquant l'apparition croissante de mannequins vietnamiens ces dernières années sur les podiums étrangers est d'ordre physique. Il n'est en effet pas rare aujourd'hui lors des défilés de mode nationaux de voir de "belles plantes" de plus de 1 m 72, ce qui était rare autrefois. En plus de la taille, les stylistes apprécient aussi les visages expressifs, qui dénotent une vraie personnalité. Des atouts que savent mettre en valeur Ngoc Quyên, Tuyêt Ngoc, BB Minh Thuy, parmi d'autres. Mais en dépit de leurs déplacements à l'étranger, très peu de Vietnamiennes ont réussi à se faire une place sur les catwalk internationaux. Pour certaines même, l'expérience a presque tourné au cauchemar. Hoàng Mên n'oubliera jamais son défilé en Thaïlande où elle a dû évoluer à côté d'une collègue thaïlandaise qui parlait parfaitement anglais et chinois. Hoàng Mên s'est sentie rabaissée, intimidée et n'a pas pu donner le meilleur d'elle même. "Nous devons apprendre beaucoup de choses pour pouvoir rivaliser avec nos collègues étrangères", avoue Hoàng Mên. Selon Xuân Lan, autre visage bien connu dans le microcosme de la mode, "si elle sait bien mettre en avant ses atouts et travaille sérieusement, un jeune mannequin peut devenir une vedette au bout de 2 ou 3 ans". L'important, selon Duong Yên Ngoc, c'est que "chacune trouve son propre style. Avoir un visage expressif est très important. À chaque situation et en fonction des vêtements, les mannequins doivent pouvoir adopter un visage souriant ou neutre". La capacité de communication est une des faiblesses des tops models vietnamiens. Faute de parler couramment une langue étrangère, et notamment l'anglais, la plupart d'entre elles se sentent dévalorisées et ne sortent pas de leur coquille. "Tisser un réseau de relations, valoriser son image et en faire la promotion auprès des stylistes sont des démarches très importantes dans ce milieu où la concurrence fait rage", estime Xuân Lan. Une remarque que devraient méditer un certain nombre de mannequins dont la vie dissolue fait régulièrement les choux gras de la presse people vietnamienne. |