 La Télévision du Vietnam diffusait lundi soir 24 juillet, le documentaire Les âmes errantes du réalisateur français, Boris Lojkine. Ce film de 55 minutes qui a été racheté par VTV 1 au studio français 4A4 Production. La diffusion du film entrait dans le cadre de la Journée nationale des invalides de guerre (27 juillet). Il s'agit du second film de Boris Lojkine sur les invalides de guerre et des morts pour la Patrie du Vietnam. Le premier, réalisé, il y a 4 ans, raconte la vie quotidienne des anciens combattants de nos jours. Le documentaire du style de cinéma direct (sans commentaire), résultat de 4 ans de travail de toute l'équipage, nous fait découvrir, 30 ans après la guerre, ces familles à la recherche des restes d'un des leurs. "Je ne voulais pas faire un film historique, mais un film sur le Vietnam d'hier et d'aujourd'hui. Cette réalisation n'a pas de raison économique. Je suis différent d'autres confères étrangers qui apportent leur films à leur pays. Je suis heureux d'avoir reçu le soutien des personnes participant à la réalisation. Une chose bien importante pour moi", explique couramment en vietnamien, Boris Lojkine, après avoir vécu longtemps au Vietnam. "La chose la plus importante est d'écouter les témoins. Le documentaire apporte plus de vérité, non seulement grâce aux infos, mais aux paroles des personnages", ajoute Boris Lojkine. On suit 2 anciens combattants qui ont décidé, 3 décennies plus tard, de retrouver les ossements de leurs camarades succombés au combat, afin de leur donner une sépulture et d'accomplir ainsi leur devoir envers leurs frères d'armes. Mais de l'eau a passé sous les ponts ! Les lieux ont changé, les corps ont été déplacés et les familles des victimes n'ont pas toujours l'envie de replonger dans les blessures du passé. Aussi les 2 hommes vont-ils de déception en déception, jusqu'au jour où ils rencontrent madame Tiêp, la veuve de leur camarade Luu, une femme qui toute sa vie durant n'a fait que pleurer la mort de l'homme qu'elle aimait... C'est l'histoire d'hommes et de femmes dont la vie a été marquée au fer rouge, à tout jamais, par la guerre et la mort violente de leurs proches. Un film sur le temps qui passe et efface les traces, qui fait disparaître les champs de bataille et recouvre les tombes. Un témoignage du souvenir de ceux qui ont survécu et qui gardent en mémoire une jeunesse consacrée à la juste cause. Car tous les personnages du film sont littéralement obsédés par ce passé de la guerre. C'est cette obsession qui les met sur la route, à la recherche d'une tombe, d'un signe, de la moindre chose qui permettrait de faire son deuil. Entraîné dans leur sillage, le spectateur traverse un Vietnam hanté encore par la guerre. Le spectateur occidental sera frappé par cette étonnante présence des morts, qui semblent tellement proches que l'on peut s'adresser à eux, leur poser des questions, négocier avec eux. Le film ne fait pas que raconter la recherche de tombes, il va plus loin, explore une quête bien plus essentielle: renouer avec les âmes. Le réalisateur Boris Lojkine était professeur en philosophie. Amoureux du Vietnam, il a loué une moto pour faire ce voyage à travers le pays et pouvoir ainsi vivre avec les paysans ou les montagnards. Pour lui, la seule façon de pouvoir comprendre la douleur de ces familles qui n'ont pu enterrer leurs morts mais aussi découvrir le sentiment des anciens combattants en temps de paix.
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