 La chaussure vietnamienne a déploré une nouvelle hausse demandée par la Commission européenne des taxes antidumping imposées sur chaussures en cuir vietnamiennes et chinoises importées en Europe qui met en péril une industrie et une population fragiles, la qualifiant d'injuste. Ces taxes vont affecter durement sur la vie de 500.000 ouvriers dans quelque 420 entreprises au Vietnam. Or la majorité d'entre eux fait l'objet des programmes de refus de la misère financés par l'Union européenne, a indiqué le vice-président permanent de l'Association vietnamienne du cuir et des chaussures (Lefaso), Nguyên Duc Thuân. Nous appelons l'Union européenne à adopter des mesures équitables et rationnelles destinées non seulement à protéger les intérêts des fabricants européens mais aussi à convenir à ceux des entreprises vietnamiennes, des détaillants et consommateurs européens, a souligné le responsable. La Commission européenne a demandé à l'Union européenne de doubler largement les taxes antidumping imposées aux chaussures en cuir vietnamiennes (10% de taxes contre 4,2 % en vigueur depuis le 7 avril et jusqu'à 16,8 % en septembre. Ces mesures ont un "impact dévastateur" sur un bon demi-million de Vietnamiens de cette industrie, principale source d'exportation du Vietnam vers l'Europe, a rappelé l'association britannique Action Aid dans un récent rapport, signalant que la plupart des chaussures de cuir vietnamiennes sont produites selon les contrats signés entre les fabricants au Vietnam et leurs partenaires étrangers. Faute de commandes, plus de 50% des entreprises ont vu leur chiffre d'affaires plonger et ont dû licencier en masse. Les principales victimes de cette affaire sont les travailleuses de l'industrie de la chaussure de cuir et leurs enfants, puisque plus de 80% de la main-d'oeuvre de cette industrie sont des femmes, dont la plupart sont pauvres, venues des régions agricoles. Nguyên Duc Thuân a estimé que des taxes de 5% sur les chaussures pour enfants et 8% sur les chaussures pour adultes devait être empreinte de bons sentiments et de bonnes raisons. Auparavant, la directrice du Département de gestion de la concurrence du ministère du Commerce, Dinh Thi My Loan, avait affirmé que les producteurs vietnamiens agissent selon les règles de l'économie de marché en exerçant une juste concurrence. Le gouvernement vietnamien n'intervient pas dans leurs activités commerciales et ne les subventionne non plus. Les entreprises de chaussures vietnamiennes n'ont pas pratiqué de dumping dans leurs exportations vers l'Union européenne et les avantages concurrentiels du Vietnam résultent du faible coût de sa main-d'œuvre et de l'utilisation de technologies avancées, a-t-elle conclu. |