Situation des cas humains de grippe aviaire depuis début 2006, selon l’InVS. En Asie, au 17 janvier, des cas humains de grippe aviaire ont été identifiés dans 5 pays d’Extrême Orient (dont 4 en 2006) : le Cambodge, la Chine, l’Indonésie, la Thaïlande et le Vietnam. Au Moyen Orient / Caucase, depuis le début de l’année 2006, des cas humains de grippe aviaire ont été confirmés par l’OMS dans 3 pays de cette région du monde : l’Azerbaïdjan, l’Irak et la Turquie. En Afrique, depuis le début de l’année 2006, des cas humains de grippe aviaire ont été notifiés dans 2 pays africains : Djibouti et l’Egypte.
Une souche de grippe aviaire A(H5N1) présentant une mutation conférant une résistance à l’oseltamivir (Tamiflu) a été isolée chez 2 cas humains prélevés en décembre 2006 en Egypte. Cette mutation est connue pour conférer une résistance à l’oseltamivir in vitro.
Des souches résistantes à l’oseltamivir avaient déjà été isolées chez l’homme au Vietnam en janvier 2005. L’OMS considère que cet événement ne modifie pas la situation épidémiologique globale et ne recommande pas pour l'instant de modification des traitements (ni thérapeutiques ni prophylactiques ) Depuis la mi-décembre 2006, on observe une intensification de la circulation virale de la de grippe aviaire tant chez l’homme que chez l’animal. La recrudescence hivernale des cas humains est observée chaque année depuis le début de l’épidémie en 2003.
Pour la plupart des cas humains décrits, la contamination par le virus de la grippe aviaire a pour origine des contacts avec des animaux malades ou morts, ou avec leurs déjections, précise l’InVS. Néanmoins, une trentaine d'épisodes de cas groupés familiaux ont été décrits depuis le début de l'épidémie en Azerbaïdjan, au Cambodge, en Chine, en Egypte, en Indonésie, en Irak, en Thaïlande, en Turquie, et au Vietnam. Pour une dizaine d’entre eux, une transmission interhumaine limitée était fortement suspectée. Toutefois, cette possible transmission interhumaine est restée limitée et n'a pas donné lieu jusqu'à présent à une transmission communautaire. Les virus de la grippe aviaire peuvent en effet exceptionnellement être transmis à l'homme. Cette transmission s'effectue essentiellement lors de contacts fréquents et intensifs avec des secrétions respiratoires et des déjections d'animaux infectés. Des traitements antiviraux peuvent, dans certaines situations, avoir une certaine efficacité en prévention ou dans la prise en charge thérapeutique.
La grippe aviaire est une infection par un virus grippal qui comprend plusieurs genres (ou types) dont influenza virus A. Celui-ci est divisé en sous-types parmi lesquels H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d'oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse, surtout chez les poulets et les dindes, et peut entraîner une mortalité extrêmement élevée, en particulier dans les élevages industriels. Le virus influenza de la grippe aviaire infecte parfois d'autres espèces animales, notamment le porc. Les canards domestiques, chez qui l'infection est le plus souvent asymptomatique, pourraient jouer un rôle important dans la dissémination du virus en servant de réservoir silencieux.
A ce jour, les informations dont l’InVS dispose sur les nouveaux cas notifiés n’apportent aucun élément en faveur d’une modification des modes de transmission de la maladie. Selon l’OMS, le niveau d’alerte pandémique reste inchangé (phase 3).
En effet, le risque majeur représenté par les virus aviaires A(H5N1) est qu'ils s'adaptent à l'homme et qu'une transmission interhumaine s'installe. Ce virus peut s'adapter de deux façons : soit en mutant progressivement, soit en se recombinant avec une souche virale humaine. Cette recombinaison pourrait survenir chez un hôte intermédiaire (porc) ou chez l'homme à l'occasion d'une co-infection. Une souche recombinée ou qui aurait mutée pourrait acquérir une capacité de transmission interhumaine. Le risque de dissémination deviendrait alors important, compte tenu de l'absence d'immunité de la population mondiale vis-à-vis de cette nouvelle souche.Marianne Coppier.
|