Afin de respecter les engagements pris avec l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le Vietnam autorise, depuis le 1er avril, l'implantation de banques à 100% capital étranger. La Banque d'État vietnamienne, avant que cette réglementation n'entre en vigueur, "a reçu une dizaine de dossiers de demande d'implantation", a fait savoir son gouverneur Lê Duc Thuy. Parmi les candidats 2 géants : les banques Shanghai-Hongkong (HSBC) et Standard Chartered.
Le capital social minimal exigé pour la création d'une banque de ce type est de 1.000 milliards de dôngs, soit beaucoup plus élevé que celui fixé pour les filiales (240 milliards de dôngs). L'ouverture d'une banque étrangère se fera sous forme d'une société à responsabilité limitée. En terme de prêts, les banques à capital 100% étranger devront se baser sur le volume de fonds qu'elles disposent pour accorder des prêts sans prise en compte du capital de la banque mère à l'étranger, comme c'est le cas pour les filiales.
HSBC compte implanter une banque de ce type au Vietnam "le plutôt possible", confirme le directeur général de la filiale de HSBC au Vietnam, Alan Cany. Après la création d'une banque HSBC à 100% capital étranger, "nous projetons l'ouverture de 5 à 10 filiales au Vietnam dans les 4 ou 5 ans à venir", ajoute-t-il. La banque britannique Standard Chartered, qui compte 2 filiales à Hanoi et Hô Chi Minh-Ville, d'un fonds d'investissement total de 100 millions de dollars, "ouvrira le plustôt possible un établissement" de ce genre au Vietnam, révèle son président Mervyn Davies. Cependant, la date de lancement n'en a pas été révélée car, selon lui, elle dépend de la durée d'accomplissement des procédures. Interrogé sur l'avenir du secteur bancaire après cet événement, le gouverneur de la Banque d'État, Lê Duc Thuy, estime que les opérations du secteur seront "plus transparentes et plus efficaces". La Banque d'État aura "des réglementations plus strictes pour éviter les effets négatifs et pour que le secteur bancaire se développe d'une manière durable", souligne-t-il.
Les experts financiers étrangers et banquiers se montrent optimistes quant à la croissance du secteur dans les années qui viennent. "La présence de ces banques aura des impactes positives sur le système bancaire domestique", souligne Ly Xuân Hai, directeur général de la banque A Châu (ACB). Selon lui, les banques domestiques pourront "acquérir de la part des nouveaux arrivés des expériences dans la gestion et la direction des Fonds d'investissement"
Partageant cette idée, Tepal Sign Hora, expert du groupe des finances d'Asie, souligne que les gestionnaires bancaires vietnamiens pourront acquérir des expériences relatives aux mécanismes de gestion, aux méthodes de formation du personnel, aux nouvelles technologies, etc.
Il n'a tout de même pas oublié de signaler la féroce concurrence que va provoquer les nouveaux arrivés sur le marché. Ainsi, pour rester compétitifs, "les établissements domestiques devront coopérer avec leurs homologues étrangers pour échanger des expériences et profiter des avantages en terme de nouvelles technologies", observe le directeur général de la banque des entreprises non étatiques (VPBank), Lê Dac Son. Bùi Phuong/CVN.
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